FOOD

Manger sainement

Avant d’inaugurer cette nouvelle rubrique comme promis, je me suis dit que ça serait bien de baliser un peu le terrain, histoire que vous sachiez de quel type de cuisine il sera question ici. J’ai cru comprendre que ça en intéressait certaines d’entre vous. Je vais essayer de synthétiser un peu mais libre à vous de me poser des questions par la suite.

AU COMMENCEMENT

J’ai eu la chance d’être conditionnée très favorablement en matière d’alimentation. Ma maman a toujours veillé à la qualité de ce que nous mangions à la maison. Ce qui ne m’a pas empêché de commettre quelques attaques en règle contre mon organisme par le passé. Pour exemple, adolescente je mangeais souvent du saucisson avec des Granola et puis je trempais tout ce joyeux monde dans mon Yop (il y a des témoins). Et puis vint mon premier appartement et le règne de l’alimentation anarchico-foireuse où chaque aliment sortait d’une boite ou d’un sachet…

Ou d’un sachet lui-même sorti d’une boite muahahah ! Vint ensuite le « monoto-végétarisme » quelques années plus tard….

Et puis, il y a eu cette petite vie innocente que j’ai accueilli et qui m’a donné une petite claque (ouais c’est souvent comme ça que ça arrive) ; et hop retour aux fondamentaux. J’ai souhaité, lorsque j’étais enceinte (entre deux envies impérieuses de biscuits ultra sucrés, qui n’étaient bons ni pour l’un ni pour l’autre) revoir mon alimentation. Bon, en réalité je n’avais pas trop le choix, mon binôme me collait sous le nez des smoothies goji-épinards à sept heures du mat’.

Et donc voilà on s’est mis à manger du mieux qu’on pouvait. Ça nous demande parfois quelques arrangements, mais  « le mieux qu’on peut », c’est ce qu’on a choisi pour nourrir notre famille. Si ça peut vous inspirer  ou vous faire découvrir un autre type d’alimentation, et ce quel que soit la votre, j’en serai ravie. Il se trouve qu’en dehors de facteurs génétiques ou environnementaux, notre estomac est la principale porte d’entrée pour une flopée de maladies. J’essaie autant que faire se peut d’en tenir compte quand je cuisine et c’est le fruit de ces réflexions que j’ai envie de partager avec vous.

UNE CUISINE VÉGÉTALE 

Je ne mange plus d’animaux, je ne bois pas non plus le lait destiné à leurs petits mais je pique toujours les œufs des poules à ce jour. Uniquement des œufs bio de poules élevées en plein air (c’est pas l’idéal pour moi, encore moins pour les poussins mâles broyés vivants mais pour elles c’est quand même mieux #dissonancecognitive).

Alors, concernant le fameux mythe des protéines, qui sévit encore en 2013, il faut savoir qu’au hasard, les lentilles ou encore l’amarante te dégomment un steak bovidé de 100 grammes à quantité égales,  les acides gras trans en moins. Le riz brun (germé, il se transforme en cadeau des cieux) et le quinoa contiennent pour leur part douze des douze acides aminés essentiels à notre organisme.

Pour le reste, en combinant céréales et légumineuses lors d’un repas, on obtient un profil protéique complet avec tous les acides aminés nécessaires. L’être humain consomme de la viande parce qu’il en a envie et non pas parce qu’il en a besoin avec toutes les conséquences que cela engendre d’un point de vue éthique, environnemental ou sanitaire. Et le primate hominien à savoir “l’Homme” comme ils disent, est bien le seul de son ordre à consommer régulièrement et en quantité conséquente de la chair pour se nourrir.

Donc non, contrairement à certaines idées tenaces, ne pas manger ou réduire sa consommation de chair animale n’est pas une concession que l’on fait sur sa santé, bien au contraire. En dépit de ce que j’ai pu apprendre sur l’alimentation humaine durant mes jeunes années, je préfère faire confiance à mon bon sens. J’ai au moins l’avantage d’avoir une pensée libre et indépendante, ce qui n’est pas forcément le cas des instances de santé qui délivrent parfois leurs recommandations à la faveur des subventions qu’ils reçoivent ou des pressions lobbyistes.

Parlant de pressions lobbyistes, le documentaire « Le Grand Méchant Lait » diffusé il y a quelques semaines sur la Cinq et sur lequel j’étais tombée totalement par hasard est assez éloquent (même si ça se sentait qu’ils avaient un peu la trouille de dire les trucs) …

LE CAS DU GLUTEN

Le gluten est une fraction de protéines que l’on retrouve principalement dans le blé, le seigle et dans une moindre mesure l’orge et l’avoine. Il est omniprésent dans l’alimentation moderne. Le gluten est partout, il sert de liant ou encore d’épaississant dans les préparations agro-alimentaires.

Malheureusement, les techniques de panification modernes et le blé actuel n’ont plus rien à voir avec ce qu’on pouvait trouver il y a une cinquantaine d’années (transformations successives afin d’avoir une pâte qui lève toujours plus fort toujours plus vite) et nos organismes n’ont pas encore eu le temps de s’habituer à ses mutations.

Le blé à l’instar du maïs est une céréale dite « mutée ». C’est-à-dire que l’être humain a procédé à différents croisements de façon à accroître son affinité avec les techniques d’industrialisation au détriment de ses qualités nutritionnelles. On a donc aujourd’hui un blé vecteur de « calories vides », pauvres en sels minéraux mais toujours plus riche… en gluten ! Ce qui lui confère son caractère peu digestible.

Dans le cas de la panification par exemple, il forme une sorte de glu qui emprisonne l’oxygène et permet aux préparations de lever. Le problème c’est que arrivé dans l’estomac, bah ça colle toujours. Il adhère aux villosités intestinales (les petites rugosités qui contribuent à booster l’absorption des éléments nutritifs) et peut chez certaines personnes plus sensibles altérer l’assimilation des nutriments. Avec des conséquences plus ou moins importantes selon les individus. Certaines ne tolèrent pas du tout le gluten (c’est le cas des malades cœliaques, et il y en a de plus en plus chaque année) d’autres y sont sensibles à différents degrés.

Et puis il y a cette majorité pour qui le gluten ne présente pas d’inconvénient notable. Dans tous les cas, l’on gagne tous à préserver au maximum notre système digestif et il faut savoir qu’il est assez difficile pour une personne non avertie de rapprocher certains désagréments (fatigue, ballonements ou anémie par exemple) d’avec l’ingestion de gluten.

Bien loin de la farine blanche qui ne présente aucun intérêt d’un point de vue nutritionnel, l’on trouve maintenant des farines biologiques avec ou sans gluten qui regorgent de vertus et de saveurs. Pour pâtisser j’utilise principalement de la farine de riz complet que je mélange à d’autres selon leur goût et leurs bienfaits.

Pour la panification c’est un peu plus compliqué, les pâtes sans gluten ne levant pas ou peu. Soit je fais des petits pains plats sans gluten (notamment pour mon fils), soit j’utilise du petit épeautre qui est très pauvre en gluten et même plus ou moins toléré par certains cœliaques à ma connaissance.

J’utilise aussi de temps en temps de la farine de Kamut (« Âme de la terre » en ancien égyptien, c’est pas beau ça ?), un blé millénaire venu d’Egypte avec une valeur nutritionnelle incroyable. Comme tout blé qui se respecte, il contient du gluten mais ses protéines étant hydrosolubles (elles se dissolvent facilement au contact d’un milieu humide), sont bien moins irritantes pour la paroi intestinale.

UNE ALIMENTATION BIOLOGIQUE

Quel meilleur refuge que notre corps ? Je veux être en bonne santé pour moi, mais aussi pour mes proches et je veux garantir une santé optimale à mon petit. C’est ma priorité maintenant. Quand les thunes viennent à manquer je préfère différer le paiement d’une facture, arrêter les achats accessoires et superflus (mon péché pas mignon), plutôt que de faire des concessions sur ce qu’on mange à la maison. Dehors parfois et par défaut on fait des bêtises (sans manger d’animaux cela va de soi). Mais à la maison on se donne à fond. Oui c’est radical, mais je suis quelqu’un d’assez radical alors bon. Je suis très gourmande, tu peux même m’appeler Gargantua. J’ai donc tout intérêt à manger le plus sainement possible.

Je suis blasée par les résidus de pesticides, les colorants inutiles, les E666 et autres toxiques en tous genres qui fleurissent derrière les emballages des produits alimentaires. A ce titre, je privilégie une alimentation biologique et « vivante », c’est à dire riche en nutriments et la moins transformée possible. En gros, tout ce qui a une pub à la télévision, bah à priori j’achète pas !

A la maison, on engloutit quantité d’oléagineux, de céréales complètes, de légumineuses, de fruits et légumes. Des graines germées aussi quand on en a, (la germination décuple la charge nutritionnelle de la graine, mais genre un truc de fou).

En hiver, quand il n’y a plus de salades et que l’organisme tourne au ralenti c’est l’idéal. Depuis 2010 nous allons chercher chaque semaine un panier de fruits et légumes bio et de saison. Enfin sauf pour les bananes, un indispensable alimentaire qui  malheureusement à ce jour ne poussent toujours pas dans en région parisienne.

Mais bon au point où en est avec cette planète, ça se pourrait bien que ça arrive plus vite que prévu… #réchauffementclimatique

En ce qui concerne le reliquat « pas bio » dans mon alimentation, il consiste en ce que je mange à l’extérieur ; des cochonneries parfois, comme des chips ou des noix de cajou avec de l’huile bizarre et tout plein de sel dedans. L’esprit est ardent mais la chair est faible, hélas. I

l y a aussi les bons petits plats  végé que je mange chez d’autres à l’occasion et ce que je mange qui me tombe sous la main lorsque j’ai faim. Lorsque j’ai faim, très faim,  je peux avaler n’importe quoi pourvu que ça ne provienne pas d’une partie du corps d’un-e individu-e qui respire.

J’essaie de limiter malgré tout, j’aime à ce que mon alimentation ne soit plus un facteur de détérioration ou de ralentissement de mon organisme mais un facteur de vitalité et de bonne santé. Et attention, jamais de compromis sur le goût hein, je ne mange que des trucs super bons, du moins j’essaie !

Voilà, manger sainement c’est pas toujours le bagne, juste une façon différente de cuisiner !

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