(La photo est de mon fils #selfie)

Le 19 septembre 2012 à la suite d’une épopée mouvementée qui a failli nous coûter la vie à tous les 2, je t’offrais au monde dans une douce obscurité, toi le phare de mon existence. Quel paradoxe! Un tout petit bonhomme un brin chétif qui sentait fort bon le pop corn…
A partir de ce moment, j’ai entamé une première mue. Je n’étais plus cette éternelle désinvolte qui menait sa barque comme bon lui semblait, avec pour seule boussole son confort et ses intérêts personnels. J’ai dû m’ancrer un minimum que tu puisses t’arrimer à moi. Jamais je n’aurais pensé pouvoir apprendre autant d’une page blanche, et pourtant je suis devenue ton fidèle Padawan.

Dire que cette foutue pré-éclampsie a fait qu’on aurait pu ne jamais se connaitre toi et moi, quel gâchis ! Je te jure que je frôlerais la mort encore des milliers de fois, je l’embrasserai pleinement même pour avoir la chance de voir ce sourire ravageur se dessiner sur ton si beau visage, pour  que tu m’envoies chier avec ta répartie légendaire et toute la finesse qui te caractérise quand j’empiète sur tes contours. Parce que tu sais Gamin, c’est le nez dans les cordes que j’ai le plus appris de toi. Quand ça coince, qu’il faut réajuster, s’adapter, puiser dans ses ressources pour retrouver l’harmonie.

Des fois c’est dur, il y de la tempête et des vagues notamment quand nos corps et nos esprits à nous tes parents sont rompus et que ton coeur à toi est submergé. Ça a été le cas à l’arrivée de ta petite sœur, que tu couves maintenant de toute ton affection. Ça peut bien tanguer, on arrive toujours à redresser la barre avec beaucoup d’amour, d’écoute et de bienveillance.

Pendant 3 ans et quelques miettes tu t’es littéralement nourri de moi, le plus naturellement du monde, jusqu’à ce que tes os, ton cerveau, tes reins, ton système immunitaire tout entier soient fortifiés et repus. Les fondations de ta force, de ta santé, reposaient juste là en mon sein et c’était si simple ! Ainsi j’ai accordé une attention accrue à la nourriture qui entrait dans mon corps avant de se frayer un chemin jusqu’au tien. Aujourd’hui pour toi le petit être le plus indépendant du monde, je dois faire attention à ce qui en émane: mes MOTS et mes ACTIONS. Et c’est bien là le travail le plus difficile.

Tu construis une importante part de ton intériorité de ce que nous sommes. Alors avec Papa, même si des fois on se trompe et que Maman jure comme un charretier, on veut être meilleurEs, un peu plus chaque jour pour honorer ce privilège incommensurable que tu nous as fais en nous choisissant pour parents. Même quand t’es tellement relou que j’ai  envie de mettre les voiles et me barrer sur la Lune.

Tu sais, j’ai découvert qu’on aime avec toutes les cellules de notre corps. Aussi je continuerai à te serrer tous les jours si fort, même quand t’auras 16 ans, un poil unique sur le menton et que tu feras la gueule. J’y peux rien Petit, mon amour est transdermique, il se diffuse par flots entiers à ton contact.

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